Kar Per à feu et à sang
La brume matinale se dissipait peu a peu sur Kar Per, tandis que les dix hommes du commandant Kahn marchaient derrière lui, à l’ombre de la végétation luxuriante entourant le centre de transmissions rebelle...
-Stop ! Prenez positions en ligne schéma ALPHA TER ! Prêt a tirer, dit-il à voix basse mais ferme.
-Compris, chef ! lui répondit son escouade sur le même ton.
Dans un bruit semblable au souffle du vent, Rocket, Paul et Jack prirent l’aile avant gauche tandis que l’aile avant droite était tenue par Beber, Driver et Dante. Légèrement en retrait, Kahn et Oueb discutaient activement avec Stef, Ben et Karl.
-Alors des nouvelles de notre 12ème homme ? murmura Kahn à Oueb.
-Oui, il est à 20 mètres devant nous, à la lisière de la jungle, en camouflage optique. Il nous a dit d’attendre avec vous son signal...
-Quoi ! Mais qui est-ce qui commande ici ? s’indigna Kahn. Bon, ça va pour cette fois mais je suis sûr qu’il va prendre les meilleures cibles.
D’après lui, exceptés le fossé, les barbelés, les quatre tours de garde et les quelques sentinelles disséminées dans l’enceinte de la base, la prise de la base serait aisée. Malgré cela, il avait un mauvais pressentiment... Il récita la litanie du Juste “Le doute mène au côté obscur...”Ses idées hérétiques chassées, il émit un bref message :
-Lucky en position, pour l’assaut passez plutôt par la gauche : le fossé est moins profond... Signal dans 1 minute 35 secondes environ OVER !
-Reçu 5/5, et merci pour l’estimation. Bonne chance et que ta main soit guidée par La Juste Fureur de Notre Eternel Empereur (Béni soit-il jusqu’à la fin des temps) ! termina Oueb.
Lucky, quasi-invisible a l’oeil nu, sauta lestement de la jungle au fossé et appuya son fusil à lunettes silencieux sur le rebord du trou. Scrutant les environs avec sa lunette, il vit 8 hommes, 2 dans chaque tour et 4 autres qui patrouillaient autour des 2 bâtiments; plus loin 2 autres rebelles gardaient un petit entrepôt, sûrement un garage, pensa-t-il. Regardant son cadran, il remarqua qu’il ne lui restait que 40 secondes.
-Je n’aime pas agir dans la précipitation ! maugréa-t-il.
3 secondes après, une balle silencieuse explosa le crâne d’un des gardes de la tour Nord, son compagnon subit le même sort avant d’avoir pu donner l’alerte.
Il ne restait que 20 secondes et 10 sentinelles : 2 secondes par rebelles... un challenge qui motiva Lucky. Il régla sa lunette et neutralisa la tour Est, étalant le contenu de la boite crânienne des gardes sur les plaques de tôles ondulées qui la constituait. Il désactiva son camouflage optique et coupa soigneusement le barbelé afin de faciliter la venue de ses camarades puis il se faufila jusqu’au bâtiment le plus proche. La sentinelle qui s’approchait ne vit pas le couteau à temps et s’écroula dans un gargouillis désespéré alors qu’elle tentait futilement d’ôter l’arme de sa gorge. Alors qu’il s’approchait discrètement d’une 2ème sentinelle, l’alarme retentit et la sentinelle fit volte face instinctivement. Le rebelle regarda avec des yeux effrayés l’homme habillé en CAMOUFLAGE JUNGLE qui le tenait en joue de son pistolet silencieux. Le contact du canon sur le front du soldat l’empêcha de protester tandis que Lucky murmura “Chut sinon Pan”, suivi de 2 sifflements et le garde s’effondra, le front percé en 2 endroits. Il regarda à nouveau son cadran et s’exclama :
-Mazeltof ! J’avais complètement oublié le signal.....
Il appuya rapidement sur un bouton et au même moment des tirs de bolters lourds émergèrent des arbres pour déchiqueter la tour de garde Sud tandis Kahn menait Oueb, Stef, Ben, Karl, Beber, Driver et Dante a l’assaut. Malgré leur éloignement, les gardes de la tour Ouest ouvrirent le feu sur les assaillants mais le missile à fragmentation de Rocket s’écrasa sur la tour et éparpilla ses occupants. Les 4 dernières sentinelles chargèrent Beber, Dante, Kahn et Ben : mal leur en prit car le premier finit en petits morceaux sous la lame de Beber, le deuxième termina son cri de guerre dans un torrent de flammes, le troisième se vit décapité instantanément par Kahn visiblement de mauvaise humeur, quant au dernier il crut bon de s’attaquer a Ben d’allure plus chétive mais ce dernier rempli son adversaire de balles de moyen calibre. Cette belle troupe rejoignit Lucky à l’abri de sacs de sable sous les échanges de tirs des rebelles posté dans les bâtiments et des impériaux. Lucky dessina dans la poussière un plan détaillé des lieux, trop détaillé au goût de Kahn qui l’interrompit dans son élan artistique et cria pour couvrir le son des détonations :
-Dès que Rocket, Paul et Jack nous aurons rejoins, ils tireront depuis cette position pour obliger les rebelles à se maintenir à couvert. Beber, Dante, Driver, Ben et Lucky vous prenez le bâtiment de gauche ; le reste viens avec moi pour attaquer le bâtiment de droite.
Dans les secondes qui suivirent, le soutien tant attendu arriva et la puissance des tirs surpris un rebelle qui laissait dépasser son bras droit par l’ouverture du bunker et ce dernier vit son membre partir arraché ainsi que l’arme qu’il tenait ; heureusement un de ses camarades eut la grande idée de l’achever pour l’empêcher de souffrir. Les survivants priaient pour que le blindage des infrastructures résistent aux missiles. Rocket fut d’ailleurs déçu d’avoir vidé toutes ses munitions pour n’obtenir que 2 ou 3 fissures sur le blockhaus. Ben lança une grenade lacrymogène par l’écoutille et deux gardes sortirent en toussant pour finir sous la lame de Beber. Sachant que certains avaient des masques à gaz, Dante libéra la puissance infernale de son lance-flammes dans l’espace confiné du bâtiment avant d’y pénétrer. exceptionnellement, on fit des prisonniers et les 4 survivants furent laissés sous la garde de Beber et Driver, solidement attachés et bâillonnés, tandis que les autres rejoignaient l’assaut du 2ème bâtiment.
Lucky abattait un à un les téméraires qui restait, malgré les tirs de Paul et Jack, près des ouvertures du bunker. Kahn, en grand diplomate, fit cesser le feu pour permettre a son escouade de recharger et de prendre des bases plus solides si la négociation tournait mal. Ben dut même aller soigner Beber qui s’était blessé, non suite aux tirs, mais en jonglant avec sa hache et qui s’était entaillé la jambe. après un bandage et une application rapide d’onguents, tous étaient prêts pour l’assaut final. Le commandant saisit son mégaphone :
-Sortez tous de là les mains en l’air et il ne vous sera fait aucun mal !
-Crevez, chiens galleux....Mort au FAUX-EMPEREUR !
Kahn perdit son sang-froid proverbial et réfléchit en tripotant nerveusement son arme : “Pourquoi ne veulent-ils jamais se rendre ? Protégent-ils un objet d’une valeur incommensurable ?”Puis reprenant un visage inexpressif, il dit froidement : “Tuez les tous ! ”Les tirs reprirent de plus belle et après quelques lancers de grenades chanceux, les rebelles ne se firent plus entendre, excepté un long ral d’agonie. Kahn entra dans le blockhaus dévasté et saisit le mourant par le col :
-Parle, saleté d’infidèle ! ordonna le commandant passablement énervé.
-Jam... Jamais... expira le rebelle.
Kahn fit interroger les 4 prisonniers par Ben. Devant son air aimable, les gardes restèrent muets et sourirent insolemment. Beber dut éventrer l’un deux pour qu’ils se confient. Ils avouèrent deux choses importantes (en dehors de leur numéro de carte de crédit) : des renforts rebelles ne tarderaient pas à rappliquer après leur appel de détresse et qu’ils étaient chargés de la protection des deux prototypes dont un qui était parti deux jours plus tôt avec le corps d’élite G.I.F.O. (Groupe d’Intervention des Forces d’Opposition) pour un exercice dans la jungle. Kahn ne put s’empêcher de rire sur la qualité du “matériel d’amateur” des rebelles et sur leur notion “d’élite”.
Kahn réunit toute sa troupe après s’être débarrassé des 3 gardes en les laissant partir dans la jungle hostile sans autre arme qu’un couteau (à bout rond). Ils votèrent à mains levée et à l’unanimité (15 POUR [?!?] 0 CONTRE et 0 BLANCS) ils décidèrent de rester attendre les rebelles (histoire de se défouler un peu) qui ne rentreraient pas avant 3 jours: juste le temps de piéger les environs. de toutes façons, le transport n’arrivai que dans 5 jours, à moins de se faire les 50 kms qui les séparai du point d’extraction d’urgence et ça personne ne voulait. De plus, ils recevraient sûrement une prime pour la capture de prototypes ennemis. Ils visitèrent le hangar et y trouvèrent une grande bâche sous laquelle se trouvait un véhicule tout-terrain bardé de systèmes électronique complexes. Driver tourna autour comme un enfant devant son cadeau de Noël. Il passa la nuit a chercher son fonctionnement, englué dans des calculs sans fin. Ils trouvèrent aussi au fond du hangar, deux sentinelles automatiques : deux armes montées sur pivot, reliées à des capteurs de chaleurs et des détecteurs de mouvement. Ils les programmèrent sur “Annihilation totale dans le périmètre” et les placèrent dans la jungle, entre les tours Ouest et Sud ainsi qu'entre les tours Nord et Ouest . ils mirent des mines sur la route principale et creusèrent des trous qu'ils remplirent de pieux.